TV : Mediapro voulait « racketter » Canal+ et BeInSports

TV : Mediapro voulait « racketter » Canal+ et BeInSports

Depuis une semaine, Mediapro n'est plus présent dans le paysage audiovisuel français, la chaîne Téléfoot ayant stoppé sa diffusion. Un départ qui sur le plan économique ne fait pleurer personne.

Il y a eu des larmes dimanche sur le plateau de la chaîne Téléfoot, la fin de la courte aventure ayant été évidemment mal vécue par ceux qui s’étaient lancés dans cette nouvelle chaîne. Mais Jaume Roures n’a pas tenu ses engagements, et si l’homme d’affaires peut sereinement gérer la suite de son business à l’étranger, ses salariés sont eux au tapis. Mais pour Xavier Thuilot, ancien directeur général de l’AS Saint-Etienne, il est clair que Mediapro a voulu tenter un coup purement financier en France et que cela a mal tourné. Se confiant dans Le Courrier Picard, l’ancien dirigeant des Verts estime que le groupe sino-espagnol n’a eu que ce qu’il méritait, même si les dégâts sociaux sont nombreux.

Dans le quotidien amiénois, ville d’où il est originaire, Xavier Thuilot dénonce ce qu’il assimile à une tentative de racket et à un coup tordu qui a mal tourné. « Derrière Mediapro, qui se présentait sous un costume de diffuseur, se cachait une stratégie purement financière : mettre la main sur les droits français et racketter un peu le paysage audiovisuel français pour lui revendre des droits avec un bénéfice (…) Canal+ s’est mis en position d’attente et a refusé de s’allier à Mediapro qui n’ayant plus de clients s’est retrouvé à monter sa propre chaîne à la va-vite vite. Cela s’est fait à la dernière minute et cela prouve que Mediapro n’avait l’intention de monter une chaîne de foot mais de sous commercialiser les droits. Mediapro s’est retrouvé à diffuser et à monter un modèle économique à partir de zéro (…) Mediapro, c’est un financier qui s’est retrouvé projeté dans le monde industriel du quotidien des clients et qui n’a pas su faire. En ajoutant une crise sanitaire et financière, cela a fait exploser Mediapro dès le départ », constate Xavier Thuilot, qui estime que si le football s’est trompé en choisissant la société sino-espagnole, cette dernière avait bien masqué son jeu en 2018 lors du fameux appel d’offres.