Un être humain, pas un escroc ! Letexier livre sa vérité

Un être humain, pas un escroc ! Letexier livre sa vérité

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Après un Nice-Nantes houleux dimanche dernier, François Letexier a été la principale cible des critiques. Ses décisions concernant les penalties ont été mal vécues par les Nantais. Antoine Kombouaré parlant même de malhonnêteté. L'arbitre est sorti du silence ce vendredi.

Dans une Ligue 1 plus tendue que jamais avec les quatre relégations en fin de saison, les arbitres sont encore plus ciblés par les équipes et les joueurs. Le moins que l'on puisse dire c'est que le fossé n'a jamais été aussi grand depuis août dernier. Plus prompts à sortir des cartons rouges et pas forcément aidé par la VAR, les officiels ne sont pas toujours compris dans leurs décisions. Dernier exemple en date et non des moindres, François Letexier lors de Nice-Nantes dimanche dernier. Le jeune arbitre de 33 ans n'a pas accordé un penalty aux Nantais pour une double main du Niçois Viti mais il a été plus sévère envers Castelletto dans les arrêts de jeu alors que Dante semblait prendre appui sur lui.

Letexier concède un manque de dialogue avec Nantes

De quoi rendre furieux Antoine Kombouaré, l'entraîneur du FC Nantes. Ce dernier a évoqué un arbitrage « malhonnête » et dénoncé « les mensonges » du corps arbitral. Il a visé directement François Letexier, faisant allusion à ses origines rennaises comme explication principale de ses décisions. Interrogé par le journal l'Equipe, le jeune arbitre n'a pas apprécié les attaques sur sa probité. Celles-ci l'ont obligé à porter plainte pour des insultes en ligne et elles jettent l'opprobre, selon lui, sur toute une profession.

« J'ai déjà vécu des moments plus paisibles ! Un arbitre est habitué à être jugé sur ses décisions techniques. Mais on est moins habitué à l'être sur sa probité et son honnêteté. Dès lors qu'elles s'adressent à l'homme, les critiques ont des conséquences collectives à ne pas minimiser, car elles rejaillissent sur tous les arbitres, en particulier les amateurs. Mais il y a aussi des conséquences individuelles, les nombreuses menaces subies dans le cadre de ma profession (huissier de justice) et sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, j'ai déposé plainte », a t-il confié.

Néanmoins, il n'a pas cherché à se dédouaner. Il regrette des manques au niveau de la communication avec le staff nantais ainsi que les joueurs. « Robin Chapapria (le quatrième arbitre, accusé d'avoir menti par le coach nantais) ne dispose que du son et pas de l'image. Quand il évoque auprès de lui une déviation du corps après ce que je lui ai dit, il y inclut, de bonne foi, la première main, non sanctionnable (selon M.Letexier). J'ai pu l'expliquer à Ludovic Blas, mais pas à M. Kombouaré, même si je l'ai attendu, juste avant la seconde période. J'aurais sans doute dû l'attendre davantage pour lui préciser ces éléments, ce que j'ai enfin pu faire mardi. Il aurait aussi fallu aller voir les images sur le penalty accordé à Nice. Quand ça se termine avec autant d'incompréhension, j'ai forcément une part de responsabilité », a t-il admis. Une prise de parole rare de la part d'un arbitre français qui, à défaut de consoler Nantes, a au moins le mérite de calmer le jeu et d'expliquer les choses clairement.