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Décès d’Eric Roy : Le témoignage poignant de Jérome Alonzo

Brest18 juin , 7:30
Eric Roy est décédé ce mercredi 17 juin, et au lendemain de cette terrible nouvelle pour le football français, les hommages se multiplient. Dont celui de son grand ami Jérome Alonzo.
Le football français a été secoué par le décès d’Eric Roy ce mercredi. L’ancien joueur de l’OL et de l’OM notamment, entraineur à Nice et à Brest ces dernières années, était malade d’un cancer du pancréas depuis plus de trois ans, mais avait tenu à garder cette information secrète pour profiter pleinement de ses dernières années sur un banc de touche, tant il se savait condamné.
Proche d’Eric Roy depuis leur enfance commune au centre de formation de l’OGC Nice, Jérôme Alonzo a livré un témoignage très touchant sur son amitié avec l’ancien milieu de terrain, et l’importance qu’il a pu avoir dans sa vie. « C'était comme un grand frère. On se connaît depuis le centre de formation de Nice. Il adorait mon père, qui l'avait formé. Il avait un amour immense pour lui, et c'est aussi ce qui nous a rapprochés. On parlait de lui tout le temps. On est devenus copains, puis amis, puis inséparables. La vie nous a même fait le cadeau de jouer ensemble pendant un an à l'OM (en 1996-1997). J'ai débuté en Ligue 1 à ses côtés. On a partagé tellement de choses : les matches, le golf, les vacances, la vie tout simplement. C'est le grand frère que je n'ai jamais eu », a reconnu l’ancien gardien de l’OM, du PSG et de l’ASSE dans les colonnes de L’Equipe.
Malgré leur caractère totalement différents, les deux hommes ont traversé les tempêtes ensemble, et Alonzo, devenu consultant sur La Chaine L’Equipe mais passionné de golf comme l’était Eric Roy, a tenu à souligner l’importances qu’avait eu le Stade Brestois, le club et ses supporters, dans les dernières années de vie du technicien. « Le Stade Brestois, les supporters, le président Le Saint, ses joueurs, Greg Lorenzi lui ont offert trois années inespérées, extraordinaires. Il faut les remercier. Ça a changé sa fin de vie. Sans eux, on aurait peut-être perdu mon pote beaucoup plus tôt. Cette aventure humaine et sportive a été extraordinaire. Elle l'a maintenu debout. Pendant deux ans, je lui répétais : "Tu es un lion." Et il me répondait : "Ça me porte, ça m'aide." C'était incroyable. Il était profondément reconnaissant envers le peuple brestois », a confié un Jérome Alonzo qui avait rendu visite à son ami il y a quelques jours, avant un au-revoir qui avait tout d’un adieu.
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« Les deux dernières fois que je l'ai vu, je n'arrivais même pas à prendre le volant en repartant. C'est un cauchemar de voir son ami comme ça. Quelqu'un qui n'avait jamais bu, jamais fumé, qui faisait attention à lui... Et la maladie arrive. On se dit : "Mais non, ce n'est pas possible." Je l'ai vu dimanche, il en avait assez, il était épuisé. D'une certaine manière, cela aide à se préparer. Je lui ai dit : "Je reviens la semaine prochaine, on parlera des Bleus." Mais lui savait qu'il n'y aurait pas de semaine prochaine. J'ai pris sa main. Je lui ai embrassé le front, comme j'avais fait pour mon père. Il m'a regardé tristement, comme pour me dire : "On est au bout du match" », a raconté un Jérome Alonzo forcément terrassé par cette terrible nouvelle qu’il n’avait pas voulu partager, et donc le secret aura été gardé jusqu’au bout à sa demande.

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