Violence : Pourquoi les envahisseurs ne craignent pas grand chose

Violence : Pourquoi les envahisseurs ne craignent pas grand chose

En cette fin de semaine, la presse française se penche sur le problème des supporters.

La Provence, L'Equipe, Le Parisien, le problème est pris au sérieux, du moins dans les médias. Il faut dire que, depuis la reprise, au moins sept incidents sérieux ont déjà secoué la Ligue 1, avec plusieurs envahissements de terrain, des matchs interrompus, des jets de projectile dans les tribunes et sur les joueurs, et des violences, principalement entre différents groupes de supporters. Les préfets vont commencer à enchainer les interdictions de déplacement à mesure préventive, et il est de plus en plus difficile de leur donner tort. Les clubs ne parviennent plus à maitriser leurs fans les plus violents, la LFP se dit démunie face à ces agissements, et les instances spécialisées peinent à faire réellement appliquer la loi. Car celle-ci existe noir sur blanc, et punit d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende ceux qui envahissent le terrain et portent atteinte à la sécurité des personnes. Mais ces sanctions ne tombent jamais, faute de moyens, ou de prise au sérieux de ces problèmes par la justice civile quand les choses vont jusque-là. Car avant d’en arriver à ce niveau, il faut identifier, interpeler et présenter les fauteurs de trouble, ce qui est rarement fait. 

L'avocat des supporters s'explique

« Mais identifier et condamner 80 personnes qui font irruption sur une pelouse demande du temps et des moyens. D’autant que, à l’échelle d’une juridiction pénale, ce sont souvent des faits assez dérisoires », a souligné Pierre Barthélémy, avocat de plusieurs groupes de supporters. Un manque de moyens et de volonté, mais aussi un coût financier non négligeable pour éplucher les images des caméras de vidéosurveillance et aller rechercher les coupables. Résultat, la sanction la plus pratique, celle de supprimer la quasi-totalité des déplacements devrait une nouvelle fois se répandre. Surtout que les clubs sont dépassés, à l’image de leur difficulté à trouver des stadiers compétents, les huis-clos à profusion en raison de la situation sanitaire ayant par exemple provoquer la reconversion de nombreux stadiers spécialisés pendant la crise sanitaire. Des failles qui se sont vus à Angers ou à Lens notamment, où le personnel du stade a trop rapidement été débordé.