La demande de Kylian Mbappé d'obtenir une double prime pour la qualification de la France à la Coupe du monde ne manque pas de faire réagir. Contrairement aux années 1990 où la
France avait subi deux humiliations consécutives dans les éliminatoires, se qualifier pour un Mondial ne relève désormais plus de l’exploit. C’est un objectif minimum pour les Bleus, qui font partie des meilleures nations mondiales. Surtout avec une compétition de plus en plus ouverte, avec désormais 48 pays au rendez-vous, même si ce n’est pas l’Europe qui a le plus profité de ces billets supplémentaires.
Mbappé monte au front pour 21.000 euros
Dans ces conditions, la demande des joueurs de l’équipe de France auprès de la FFF a de quoi surprendre. Les internationaux français, qui ne sont par définition pas les moins bien lotis des footballeurs sur le plan financier, ont ainsi demandé à voir leur prime de qualification pour la Coupe du monde en Amérique être doublée pour les féliciter de leur performance. Au lieu de 21.000 euros par personne, ils ont ainsi récupéré 42.000 euros chacun, soit un demi-million à rajouter de la part de la FFF selon L’Equipe.
« Il n’y a pas de polémique. Je considère que l’équipe de France est le poumon économique de la Fédération. À ce moment-là, après cette qualification, c’était l’occasion de reconnaître sa contribution. C’est dans cet esprit-là que cette double prime a été accordée », s’est ainsi défendu Philippe Diallo, qui sait que cette demande formulée par Kylian Mbappé en tant que capitaine risque de mal passer aux yeux du grand public.
La Coupe du monde, ce n'est plus ce que c'était
Et cela n’a pas manqué, puisque le journaliste de L’Equipe Régis Testelin a trouvé cette attitude de la part des Bleus assez écoeurante. « Je trouve ça logique que le président de la FFF accorde cette prime, car ils gagnent de l’argent avec les A, donc ce n’est pas le problème. En revanche, que les joueurs, qui ont déjà signé pour des primes, demandent une double prime pour une qualification à la Coupe du monde, il n’y a aucune logique sportive. Aujourd’hui, à la Coupe du monde, tu y vas à pied, à la nage, en vélo, c’est d’une facilité déconcertante. Dans un groupe à 4 avec Ukraine, Islande et Azerbaïdjan, on n’était pas inquiet. Je n’ai jamais gagné entre 8 et 10 ME par an, mais je ne comprends pas comment il devient capital de gagner 20.000 euros de plus. Qu’est-ce-qui les pousse d’aller chercher 20.000 balles pour en plus un déficit d’image », a dénoncé le journaliste de L’Equipe, pour qui le jeu n’en vaut pas la chandelle sur ce coup.