La Ligue de Football Professionnel s'apprête à lancer un appel d'offres pour les droits de la Ligue 1 alors même qu'elle a déjà sa propre chaîne, Ligue 1+. Selon certains spécialistes, la LFP doit avoir des infos exclusives pour agir ainsi. Avec seulement un million d'abonnés, la chaîne Ligue 1+ ne fait pas le bonheur des comptables des 18 clubs du championnat de France, lesquels se contentent des miettes laissées par ce contrat. Et c'est probablement cela qui a incité LFP Média à choisir de lancer un appel d'offres dès le mois de novembre, avec la possibilité que ce nouveau contrat entre en vigueur pour la saison prochaine. Certains s'étonnent de cette décision de la Ligue, dans la mesure où Ligue 1+ n'a qu'un an d'ancienneté et bénéficie que cette année de la diffusion exclusive de la Ligue 1. Selon Antoine Feuillet, maître de conférences à l'université Paris-Saclay, spécialiste des droits TV, qui s'est confié à
France Info, il est évident que du côté de la LFP on doit avoir des informations sur un diffuseur tenté par la Ligue 1.
La Ligue 1 sait qu'un diffuseur rôde
Le spécialiste n'a aucun doute, cet appel d'offres n'intervient pas aussi rapidement par hasard. « Si la LFP lance cet appel d’offres, c’est qu’elle a eu des retours de distributeurs intéressés, avec des perspectives de revenus plus élevés que ceux actuels, qui sont autour de 140 millions d’euros à partager pour les clubs. Et, au pire, avec Ligue 1+, la LFP a une solution de secours déjà en place. Mais cet appel d'offres est un signe que les clubs sont aux abois et considèrent que les revenus actuels ne sont pas assez », précise Antoine Feuillet. Il est vrai que la Liga l'a récemment démontré, des surprises sont désormais possibles, Disney+ ayant fait une entrée fracassante en s'offrant les droits de la Liga en France sous le nez de Beinsports.
Pour Pierre Maes, autre spécialiste des droits TV, cet appel d'offres n'est tout de même pas loin de ressembler à un mouvement de panique compte tenu des faibles sommes rapportées par la chaîne Ligue 1+. « Quand vous décidez de faire un appel d’offres alors que les deux précédents ont été des échecs retentissants, soit vous avez des assurances du marché, soit vous n’avez pas d’autres choix. Et je ne vois pas quelles assurances ils ont eues », s'interroge ce dernier.