Interrogé par L’Equipe, Philippe Diallo a fait part de ses inquiétudes face au gigantesque projet mené par Gianni Infantino, qui envisage de vendre des parts de la Coupe du monde.
La Coupe du monde bientôt à vendre, ce n’est pas une surprise mais bien un gigantesque projet mené ces derniers jours par Gianni Infantino, le président de la Fifa. Selon une information du Times, Infantino envisage de plus en plus fortement de vendre des parts de la Coupe du monde à un groupe d’investisseurs privés, dont le frère du gendre… de Donald Trump. Le but est sans surprise d’augmenter les revenus de la compétition. Une annonce qui a déjà provoqué l’inquiétude de l’UEFA. A la Fédération française de football, on est également très perplexe face à un tel projet. Au lendemain de la présentation de Zinedine Zidane à la presse, le président de la FFF Philippe Diallo a fait part de ses inquiétudes.
Et le mot est faible. « C'est un projet inquiétant et qui suscite beaucoup d'interrogations. On l'a découvert dans la presse sans avoir la moindre information » a d’abord regretté le successeur de Noël Le Graët à la tête de la 3F avant de poursuivre. « On ne connaît ni sa philosophie, ni sa nécessité, pas plus que le montage financier ou ses financements. Ce projet est inquiétant car il n'y a pas de détails, or il touche à l'un des actifs fondamentaux du football avec la Coupe du monde ».
Et Philippe Diallo de poursuivre avec beaucoup de prudence : « C'est un sujet d'inquiétudes. Je suis déjà intervenu sur les conditions de revenus de la Coupe du monde reversées aux sélections car je les trouvais assez injustes. Ce projet, on ne sait pas d'où il sort. Et différents événements récents, comme le carton rouge enlevé à Balogun, le projet de passage à 64 équipes après 48 ou certains montages financiers, nécessitent de revoir cette gouvernance qui n'est pas à la mesure de ce que représente le football » s’est exprimé Philippe Diallo dans les colonnes du quotidien national.
Et quant à savoir si la France votera pour Gianni Infantino lors des prochaines élections de la Fifa en mars 2027, la réponse de Philippe Diallo est incertaine : « L'Afrique et l'Asie se sont déjà prononcées pour dire qu'elles voteraient à nouveau pour Infantino, en effet. On se doit de construire une relation exigeante avec la FIFA et là on n'y est pas. Il y a, là aussi, des interrogations et une remise en cause. D'autres pays mènent les mêmes réflexions que moi. Il ne peut pas y avoir de nouvelle élection sans plus de clarification, de démocratie et de transparence » a-t-il conclu. Une inquiétude qui gagne aussi les fans de football, de plus en plus circonspects face aux projets menés par Gianni Infantino à la tête de l’instance mondiale.