Mondial 2022 : Le Qatar « victime » du racisme anti-Arabes

Mondial 2022 : Le Qatar « victime » du racisme anti-Arabes

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Les critiques contre l'organisation du Mondial 2022 au Qatar s'enchaînent et pour certains cela masque mal un certain racisme de la part des pays occidentaux à l'encontre du premier pays arabe à organiser la Coupe du monde de football.

La Coupe du Monde débute dimanche avec l’affiche entre le pays hôte, le Qatar, et l’Équateur, et c’est peu dire que du côté de Doha on espère que l’on va désormais faire plus de place au sport, et moins aux incessantes polémiques sur l’attribution du Mondial 2022 à l’état gazier par la FIFA. Si le Qatar s’attendait à des critiques, le pays hôte ne pensait pas devoir faire face à un tel torrent de critiques sur l’aspect sociétal et humain de cet événement le plus populaire de la planète. Et pour certains, toutes ces attaques ressemblent tout de même à un front commun des pays occidentaux contre le premier pays arabe à organiser la coupe du Monde. « Tout en reconnaissant que plusieurs critiques sont fondées, les gens s'interrogent sur ce qu'il en a été pour la Russie, où s'est disputé le Mondial 2018, sans tempête médiatique de cette ampleur. Il en est de même pour l'organisation des JO d'hiver en Chine en 2022. Pour l'homme de la rue dans le monde arabe, le Qatar semble faire l'objet d'un traitement particulier dans l'opinion publique occidentale. Et il se demande si ce ne serait pas justement en raison du fait que le Qatar est un pays arabe », fait remarquer, dans L’Equipe, Elyes Jouini, ancien ministre tunisien et titulaire de la chaire UNESCO à Paris-Dauphine.

La Norvège n'a rien dit et gagné des médailles en Chine

Et cet éminent spécialiste n’est pas le seul à penser que l’on tape plus facilement sur le Qatar que sur d’autres pays, Nabil Ennasri, co-auteur de L’Empire du Qatar, et docteur en sciences politiques, donnant un exemple très précis, puisqu’il s’agit de l’équipe de Norvège, qui n’est pas qualifiée pour le Mondial mais a mené la campagne anti-Qatar depuis des mois. « Au début de l’année, ce pays s’est tu sur la violation des droits humains en Chine, allant jusqu’à participer aux Jeux d’Hiver de Pékin où il a raflé de nombreuses médailles. Soudain, fin 2022, la Norvège se réveille sur les droits humains au Qatar pour une compétition où elle n’est pas qualifiée. Cette indignation sélective passe mal, elle est vécue comme une manière de dénigrer l’obtention de la compétition par les Arabes », ironise Nabil Ennasri dans le quotidien sportif.

Et dans la presse des pays arabes, si on reconnaît qu’il y avait des reproches à faire au Qatar, notamment sur les conditions de travail, on estime également que tout a été multiplié en raison du choix du pays hôte. De son côté, Fatma Samoura, secrétaire générale de la FIFA est sidérée par ce flot de critiques qui ne cessent pas alors que le Mondial débute dimanche à Doha. « Le monde va avoir une autre idée que celle des médias occidentaux sur un petit pays qu'est le Qatar: l'hospitalité arabe sera au rendez­-vous. Quand les gens partiront, ils auront encore des étoiles dans les yeux pendant plusieurs mois (...) La manière dont on dissèque le Qatar, comme l'a dit l'émir, je crois que c'est la première fois que cela se passe comme ça. Le niveau de critiques atteint un point inimaginable (...) Il y a des critiques qui sont justifiées.  Les conditions des travailleurs avant septembre 2010 n'étaient pas acceptables. Ça, c'est la réalité », admet la responsable de la FIFA, qui estime cependant que cette Coupe du Monde va permettre de faire des avancées spectaculaires.

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