Crise : L'état qui paye les joueurs de L1, un vrai scandale

Crise : L'état qui paye les joueurs de L1, un vrai scandale

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Agent confirmé du football français, Yvan Le Mée a balancé un véritable pavé dans la mare dans les colonnes de L’Equipe ce mardi.

Celui qui est directeur de la société Sport Profile, et en charge des intérêts de plusieurs joueurs professionnels de France et d’étranger, ne digère clairement pas que les clubs de Ligue 1 contractent le chômage partiel pour leurs joueurs en ces temps de pandémie. Cette mesure désormais classique dans de nombreuses sociétés est appliquée dans le football, et Yvan Le Mée n’hésite à prendre une parole à contre-courant dans le milieu. Avec quelques éclaboussures.

« Je suis choqué que l'on soit le seul pays européen où les contribuables doivent payer les clubs pour qu'ils paient les sportifs de haut niveau dans cette situation exceptionnelle qui appelle d'autres priorités. Il n'est pas normal que nos clubs, qui ne manquent pas de ressources, demandent à l'État 5 000 euros par joueur, sans oublier ce que vont lui coûter les abandons de charges. Que le chômage partiel soit nécessaire à l'économie classique, c'est incontestable, mais comment le justifier dans un football décrié pour l'argent qui y circule ?  Ce n'est pas aux joueurs qu'il faut jeter la pierre. Leur salaire baisse et le refinancement des clubs ne les concerne pas. Mais que les clubs qui rentrent des millions d'euros en transferts et droits télé en soient à demander la charité de l'État à un moment où, en France, on n'a pas de quoi fabriquer les masques et tester les gens, c'est honteux. Bien sûr que le football a des problèmes mais il y a des limites. Le médical et le social doivent primer. Et non les sociétés privées sportives, parfois contrôlées par des fonds d'investissement exigeant une rentabilité que le contribuable va les aider à préserver », a balancé Yvan Le Mée, qui ne comprend pas les aides de l’état français aux clubs de Ligue 1, alors qu’il y a d’autres priorités en France. Et même si cela ne risque pas de faire plaisir dans le milieu, l'agent de joueurs a en tout cas le mérite d'exprimer son point de vue, notamment sur ce qui devrait être la priorité de l'Etat en ces temps difficiles.