Sextape : L'audition de Benzema devant le juge dévoilée !

Sextape : L'audition de Benzema devant le juge dévoilée !

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Karim Benzema doit s'exprimer ce mercredi à l'occasion du journal de 20 heures sur TF1 au sujet de l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena qui lui vaut d'être mis en examen. Mais le quotidien Le Monde ouvre le bal en publiant l'audition du joueur du Real Madrid par la juge de Versailles le 5 novembre. L'occasion pour Karim Benzema de se défendre, et de nier toute implication sérieuse dans cette affaire, ce qui sur le coup n'a pas convaincu la juge, Nathalie Boutard. Morceaux choisis issus du Monde.

La juge de Versailles : Comment percevez vous les faits que l’on vous reproche ? 

Karim Benzema : Je pense que c’est un gros malentendu, tout ça. Au départ, je voulais le mettre au courant d’une histoire qu’il y avait sur lui et l’aider. Parce qu’on m’a déjà fait ça, le même style de fait. C’est quelqu’un qui joue avec moi en équipe de France, c’est un pote. Je voulais le mettre au courant de cette histoire et discuter avec lui pour lui faire part que moi aussi ça m’était arrivé et voir ce qu’il en pensait.

La juge : Comment avez-vous eu connaissance de l’existence d’une vidéo intime concernant M. Valbuena ?

K.B. : Je ne me rappelle plus la date exacte, mais c’était juste un peu avant l’équipe de France, le match France-Arménie. C’était un peu avant Clairefontaine. Pour vous répondre, c’était environ trois semaines avant. J’étais à Madrid. J’étais à un déjeuner avec Karim Zenati. Une personne est venue me remettre un coussin Louis Vuitton et m’a parlé d’une vidéo sur Mathieu Valbuena.

La juge : Cette personne qui vous remet le coussin Louis Vuitton, vous la connaissiez ?

K.B. : Non, je ne la connaissais pas. Hier, on m’a montré une photo et je l’ai reconnue. Mais je ne me souviens pas de son nom.

La juge : Continuez votre récit.

K.B. : Il m’offre le coussin, il s’assoit, il me dit bonjour, mais je ne l’écoutais pas, car je ne le connais pas. Il dit qu’il existe une vidéo sur Mathieu Valbuena, une vidéo chaude. Et là, à ce moment, je lui ai dit : « Arrête-toi tout de suite, je ne veux pas en entendre parler. » Cette personne est restée, on a continué à manger et après on s’est séparés.

La juge : Quand et dans quelles conditions en êtes-vous venu à vous entretenir de cette vidéo avec M. Valbuena le concernant ?

K.B. : C’était en équipe de France, deux jours avant le match France-Arménie. Je l’ai vu, on était à Clairefontaine. Après le repas, je l’ai vu dans ma chambre, je lui ai dit que je devais lui parler de quelque chose. On n’était que tous les deux. J’ai commencé à lui parler de cette vidéo qu’il y avait sur lui, je lui ai dit qu’il s’agissait d’une vidéo « chaude ».

La juge : Comment cela s’est-il passé ?

K.B. : Quand j’ai commencé à lui dire qu’il y avait une vidéo, que j’étais pour lui et que je pouvais l’aider (ça m’est déjà arrivé et je lui ai dit), il m’a posé des questions sur ce genre de choses-là. Je lui ai dit que tout dépendait de lui et que c’était à lui de décider. Il m’a parlé de buzz, car on est des personnes connues. Je lui ai dit que les histoires de buzz, ce n’était pas mon problème et qu’il devait faire ce qu’il voulait. Je lui ai dit qu’il y avait quelqu’un qui pouvait voir avec lui et essayer de l’aider aussi. C’est M. Zenati.

La juge : Comment M. Valbuena a-t-il réagi ?

K.B. : Au début, je l’ai senti gêné, très gêné. Il m’a demandé ce qu’ils voulaient. Je lui ai dit que je ne savais pas, que ce n’était que d’une aide dont je lui parlais et de rien d’autre. Il m’a dit qu’il avait mis au courant sa famille. Donc, je lui ai dit qu’il s’en foutait et de laisser sortir si les gens voulaient sortir quelque chose. Il m’a dit qu’il allait voir avec son avocat et qu’il était déjà allé voir la police. Après, je suis rentré en Espagne, car je m’étais fait mal à la jambe. Il m’a dit qu’il me dirait avant la fin du stage s’il continuerait à gérer cela tout seul ou s’il voudrait de l’aide de mon ami. Mais il était déjà au courant de l’histoire.

La juge : Vous dites ensuite à M. Valbuena, « je lui dis sérieux, je lui ai dit franchement, je l’ai vue moi, la vidéo, je lui ai dit ». Avez-vous vu la vidéo ?

K.B. : Non je ne l’ai pas vue.

La juge  : Pourquoi lui dites-vous alors ?

K.B. : Franchement je ne sais pas pourquoi je lui dis ça. La vidéo, je ne l’ai pas vue. Comme Karim m’a dit que c’était une vidéo sérieuse, c’est ce que j’ai dit à Mathieu. Je me suis fait un film par rapport à ce que m’avait dit Karim, parce que je lui fais confiance et qu’il est mon meilleur ami.

La juge : Vous pensez que M. Karim Zenati a vu la vidéo ?

K.B. : Je pense qu’il l’a vue, car il m’en a parlé avec des détails.

La juge  : Est-ce vraiment un conseil d’ami de mentir sur l’existence d’une vidéo crédibilisant ainsi le chantage mis en œuvre ?

K.B. : Non, c’est pas ça. Je ne sais pas comment vous expliquer. On est joueurs de foot. Je le connais, ça fait longtemps que je le connais. Ce qui s’est passé, c’est un truc pourri, c’est n’importe quoi. Je le connais en équipe de France, on est souvent ensemble. Il y a eu une histoire en 2012, je l’ai défendu. Après, comme j’ai parlé au téléphone, c’est pas bon. C’est quelqu’un que j’apprécie. Ce n’était que de l’aide, je n’avais rien d’autre derrière la tête, de chantage ou d’argent. De l’argent, j’en ai. Je n’en ai pas besoin. Karim non plus. Je lui en donne de l’argent, il est employé dans ma société. Après, au téléphone, on a abusé, je m’en veux de parler de cette manière, parce que c’est pas bien.

La juge  : Pensiez-vous vraiment que l’intervention de votre ami allait être « gratuite » ?

K.B. : Bien sûr. Pour moi oui, parce qu’il ne manque de rien. C’est pour ça que je ne comprends pas l’histoire de chantage et d’argent. Car je vous le répète, il ne manque vraiment de rien. C’est ce que moi j’avais dans la tête et mon ami aussi, je pense. Après, ses autres fréquentations… mais il ne manque de rien. J’ai réussi ma vie. Je lui fais partager, car c’est mon ami depuis tout petit.

La juge : Le 19 octobre 2015, conversation téléphonique numéro 29, vous semblez très inquiet de votre mise en cause et vous qualifiez M. Valbuena de « tarlouze ». Vous mettez en place une stratégie pour répondre aux rumeurs dans la presse. Pourquoi une telle crainte alors que vous êtes particulièrement exposé à la presse ?

K.B. : Je n’étais pas inquiet, mais énervé plutôt. Je n’étais que énervé. C’est ceux qui s’occupent de ma communication qui ont trouvé cette phrase. Maintenant, j’ai une famille, je deviens fou quand on invente des histoires. Si j’avais été entendu, pas de problème, mais là je n’avais même pas été entendu et, dans la presse, on me dit que je fais partie d’un chantage. Forcément, je suis énervé. Je me suis dit qu’il [Valbuena] était allé me dénoncer à la police, alors que j’étais allé le voir. Après, « tarlouze », on peut le dire à tout le monde, à ses amis, à ses potes. Pour moi, pour la nouvelle génération, c’est amical. Ce n’est pas une question d’être inquiet ou je ne sais pas quoi, c’est juste énervé. Encore une fois, je suis dans la presse, encore une fois on parle de moi. C’est pour cela que j’ai employé ce mot-là.

La juge : Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

K.B. : Je suis vraiment déçu de l’ampleur de cette histoire, parce que chantage, des trucs comme ça, franchement c’est grave. Même pour mon ami Karim Zenati. J’ai tout fait pour qu’il sorte de prison, pour qu’il ait une meilleure voie, il travaille pour moi. Et là, me retrouver avec une histoire comme ça, avec un joueur de mon équipe que j’aime bien, je suis déçu. Quand j’en ai parlé au téléphone, on rigolait, on n’a pas pris l’ampleur du truc, ça me retombe dessus une nouvelle fois. Franchement, ça me fait chier pour mon ami. Franchement, j’ai la haine.