Depuis cette saison, le football français est en très grande partie diffusé sur les antennes de Ligue 1+, la chaîne de la LFP. Mais le média ne décolle pas, ce qui n’encourage pas forcément la Premier League à se lancer dans une aventure similaire.
Ligue 1+ peine à séduire les téléspectateurs et les fans de football. Si le média avait connu un bon lancement, notamment grâce à des prix d’abonnement attractifs, la chaîne a désormais du mal à attirer de nouveaux abonnés. En décembre 2025, Ligue 1+ avait franchi le cap de 1,08 million d’abonnés. Un chiffre prometteur, mais qui stagne depuis… De quoi refroidir l’enthousiasme d’autres pays pour adopter la même stratégie ? Très probablement. En Angleterre, la Premier League envisageait un modèle du même type, le fameux « Premflix », mais celui-ci a désormais peu de chances de voir le jour même si un test va avoir lieu.
La Premier League hésite encore
Selon The Telegraph, la Premier League souhaite en effet tester un service de streaming interne à Singapour. Cependant, le média souligne que continuer à s’appuyer sur ses diffuseurs partenaires reste l’option la plus sûre pour toutes les parties concernées.
L’idée est de permettre aux supporters de regarder tous les matchs du championnat en direct ou à la demande, en choisissant n’importe quel match à tout moment. Mais The Telegraph doute de la pérennité d’un tel projet. La raison est simple : beaucoup de partenaires médias de la Premier League paient plus que ce que vaudraient les droits s’ils étaient vendus directement aux consommateurs. En effet, ces droits constituent souvent l’élément central des bouquets de télévision payants proposés aux abonnés. C'est d'ailleurs la principale protection contre la perte d’abonnés.
Une tentative à grande échelle de Premflix pourrait faire perdre énormément d'argent et d'abonnés à la Premier League. Le média prend l'exemple français avec Ligue 1+ : « En France, où l’effondrement du malheureux accord avec DAZN a contraint la Ligue 1 à se débrouiller seule avec son équivalent de « Premflix », la différence est frappante.
Le modèle direct-to-consumer Ligue 1+ a attiré un million d’abonnés à 14,99 € par mois, mais les revenus totaux restent encore d’environ 250 millions d’euros en-dessous de leur pic atteint lorsque Canal Plus et beIN Sports détenaient les droits ».
La Premier League génère chaque année près de 2,2 milliards de livres grâce aux diffuseurs internationaux, et 1,8 milliard supplémentaires via ses partenaires nationaux. Entre la ligue et les diffuseurs, les risques sont partagés, qu’il s’agisse de piraterie, d’une fermeture à cause d'une pandémie ou d’un changement de politique gouvernementale. Avec un modèle « Premflix », en revanche, tous ces risques reposeraient uniquement sur la Premier League et ses clubs.
À noter que l’accord annoncé cette semaine à Singapour constitue avant tout une expérimentation. Elle sera suivie de très près par les décideurs, qui observeront attentivement ses retombées avant d’envisager toute extension à d’autres marchés.