Le témoignage de Nicolas Douchez, hanté par le mot « massacrée »

Le témoignage de Nicolas Douchez, hanté par le mot « massacrée »

Photo Icon Sport

Mis à pied par son club, Nicolas Douchez ne sait pas encore de quoi sera faite la suite de sa carrière, à Lens ou ailleurs.

Pour l’expérimenté gardien de but, tout a basculé lors d’une soirée du mois d’octobre, à la suite de laquelle il a été placé en garde à vue. Une soirée trop arrosée qui s’est terminée de manière bien sombre dans un appartement, et a conduit à son interpellation dans la nuit pour des faits de violence. Mais si un premier article de presse avait évoqué des violences conjugales avec la femme avec qui il était, il réfute totalement ces accusations, et donne sa version des faits dans les colonnes de L’Equipe.

« Loin de moi l'envie d'apparaître comme une victime. Le fait d'être sorti, d'avoir bu, de m'être emporté et d'avoir cassé des meubles, j'en endosserai pleinement les conséquences. Ce qui est délicat, en revanche, est d'avoir à assumer ce que je n'ai pas fait. Je veux juste un peu rétablir la vérité. Et peut-être que parler me fera un peu de bien, aussi. C'est simple : il s'agit d'une soirée entre amis, dans un cadre privé, qui s'est prolongée et s'est mal finie. Elle s'est terminée par une dispute qui a un peu dégénéré, mais pas au point de ce qui a été balancé dans les médias. C'est surtout le terme ''massacrée'' qui m'a hanté durant plusieurs heures. Je regrette ce qui s'est passé, bien évidemment, mais jamais je ne m'en serais pris à quelqu'un. Je n'ai frappé personne. Sans rentrer dans les détails des procès-verbaux, ç'a été dit, expliqué, constaté : il n'y a pas eu de violences physiques. J'ai la sensation d'avoir été jugé instantanément, que personne ne s'est dit : peut-être devrait-on attendre de savoir ce qui s'est réellement passé. J'ai été lynché médiatiquement, j'ai été "massacré'', pour reprendre le mot du Parisien. Durant ma fin de carrière et peut-être une partie de ma vie d'après, je serai catalogué comme quelqu'un de violent envers autrui. On a beau dire que le temps apaise les douleurs, la cicatrice ne partira pas. Dans dix ans, si mon fils tape mon nom sur le Net, il y a des chances qu'il voie ressortir cette histoire avant ma carrière. Ce n'est pas juste », a expliqué Nicolas Douchez, qui sait bien que sa carrière est désormais derrière lui, et attend désormais son procès en 2018 pour « violences en état d’ivresse sans ITT et dégradation matérielle du bien d’autrui ».