Passé par l’Olympique de Marseille entre 2019 et 2025, Valentin Rongier se souvient d’une expérience difficile. Le milieu de terrain avait dû faire preuve d’un gros mental pour surmonter certaines épreuves.
Solidement installé dans le onze de Franck Haise à Rennes, Valentin Rongier vit un quotidien sans doute plus tranquille qu’à l’Olympique de Marseille. Le milieu de terrain a connu un passage agité dans la cité phocéenne, lui qui avait fait l’objet d’une erreur de diagnostic suite à une grave blessure à un genou. Son absence d’abord estimée à trois mois a finalement duré trois fois plus longtemps. Une épreuve difficile à encaisser.
« Je ne pouvais plus me baisser, faire un squat, j’avais mal dès que je faisais un mouvement, a raconté Valentin Rongier au Parisien. Tous les soirs, je sentais le battement de mon cœur dans mon genou qui était chaud. A un moment, je ne voyais plus le bout du tunnel. J’en suis même arrivé plusieurs fois à dire à ma conjointe : je vais devoir arrêter le foot. Mentalement, ça a été l’épreuve la plus compliquée de ma carrière. »
De retour à la compétition, l’ancien Marseillais a ensuite constaté la perte de son statut de capitaine. « Forcément, ça touche à l’ego, à nous les sportifs de haut niveau qui en avons beaucoup, mais ce n’est pas ça qui m’a fait le plus mal, a-t-il confié. C’était surtout de ne pouvoir pratiquer ma passion, aider mes coéquipiers. » Avec ou sans brassard, Valentin Rongier ne pensait qu’à disputer les matchs. Et tant pis si ses coachs Jorge Sampaoli puis Roberto De Zerbi ont douté de lui.
C'est l'industrie du foot, sans pitié
- Valentin Rongier
« Chaque saison, on recrutait des joueurs à mon poste et on me prévenait que je ne serais pas numéro 1 ou numéro 2, s’est souvenu le Rennais. Je me rappelle encore des discussions que j’avais eues avec mes proches, à qui je disais : ils peuvent me ramener qui ils veulent, je finirai par jouer. Dans le football, il faut être fort physiquement, techniquement, mais surtout mentalement, et je le suis. A la fin, c’était limite un jeu. » Sauf que l’Olympique de Marseille a fini par siffler la fin de la partie à l’été 2025.
Après un désaccord concernant une prolongation de contrat, Valentin Rongier avait été poussé vers la sortie. L’ex-président Pablo Longoria était resté fidèle à sa politique malgré les performances et la mentalité irréprochable de son cadre. « Ce qui m’a fait mal, c’est la façon dont ça s’est terminé, mais c’est l’industrie du foot, sans pitié, a regretté le milieu défensif. Parfois, je nous considère comme des intermittents du spectacle : on doit être performant, procurer du plaisir aux gens, et du jour au lendemain… » Lucide, le capitaine des Rouge et Noir sait que l’histoire pourrait bien se répéter en Bretagne.