Cela fait près d'une semaine que le football africain a été secoué par la décision de retirer le titre de champion d'Afrique au Sénégal. Auteur du jugement, le jury d'appel de la CAF a vu sa légitimité être sérieusement remise en cause depuis.
Priver un pays d'un titre continental, qui plus est deux mois après la finale, est totalement inédit. Un précédent qu'a quand même osé la CAF mardi dernier. Le Sénégal, vainqueur du Maroc 1-0 en finale de la
CAN 2025, n'est plus le lauréat officiel du tournoi. Cette décision a scandalisé le pays mais également de nombreux observateurs à travers le monde. Les Lions de la Teranga ont saisi le TAS pour faire annuler cette décision et reprendre leur trophée. L'organe d'arbitrage du sport mondial va t-il s'opposer au jury d'appel de la CAF ?
Le jury d'appel de la CAF attaqué
Sur le papier, le jugement de la CAF peut se défendre en vertu de l'article 84 sur le forfait d'une équipe. Cependant, c'est le déroulement de l'appel qui pose question. Composé de 9 membres normalement, le jury d'appel n'était constitué que de 5 membres pour trancher le cas du Sénégal. Cela ne va pas à l'encontre des textes de la Confédération Africaine de Football qui demandent au moins 3 personnes pour ce type de décision. Mais, cela altère grandement la qualité du jugement selon l'Ivoirien Michel Brizoua-Bi, arbitre au TAS.
« Je ne sais pas pourquoi tous les membres de ce jury d'appel
n'ont pas été invités à participer à cette session. Je crois que
l'importance de ce dossier devait commander la présence, sauf
indisponibilité prouvée, de tous les membres pour pouvoir rendre la
meilleure décision possible », a t-il confié à RFI. Le site Afrik Foot met lui en lumière l'autre problème majeur, à savoir la présence du Tunisien Moez Ben Taher Nasri comme membre indépendant du jury. Ce dernier entretiendrait des liens forts avec la fédération marocaine de football.
Des éléments qui maintiennent le flou concernant la gestion du football africain et de ce conflit. Autant dire que l'avis du TAS est très attendu pour trancher de façon indiscutable le litige. Seul bémol, le délai requis par l'instance basée à Lausanne en Suisse. Cette dernière peut mettre une dizaine de mois pour rendre son verdict.