Et pourquoi pas une L1 sans descente ?

Et pourquoi pas une L1 sans descente ?

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La priorité du football français était donc de réduire le nombre de clubs concernés par l’ascenseur entre la Ligue 1 et la Ligue 2… C’est ce qui est ressorti du conseil d’administration de la LFP ce jeudi, et l’annonce très prématurée d’un changement dans la pyramide du football tricolore à son plus haut niveau, puisque seuls deux clubs sur 20 seront concernés par la relégation. Cette saison, avec les descentes rapidement conclues de Lens et Metz, il n’y aurait eu absolument aucun intérêt dans cette fin de championnat pour une douzaine d’équipes. Pas terrible pour le spectacle. Mais c’est autant le resserrement de l’accès à l’élite que la manière dont les choses ont été faites qui interpellent. 

« C’est la première étape vers une Ligue fermée. Ensuite, je crains un changement des règles de partage de l’argent des droits télé entre L 1 et L 2 qui tiendra à éloigner un peu plus ces deux divisions », dénonce Claude Michy le président de Clermont. Bien évidemment, les clubs du bas de tableau de Ligue 1, ou ceux qui viennent de monter comme Troyes ou le GFC Ajaccio, se félicitent de cette petite chance de maintien en plus. Mais pour Jean-Pierre Louvel, président de l’UCFP, c’est surtout un coup en douce pas très réglo effectué par la LFP. « Nous avions voté pour une mise en application de cette réforme lors de la saison 2016-2017 et non pas en 2015-2016.  Je dénonce dans cette histoire un passage en force de Frédéric Thiriez », a fait savoir le président du Havre dans Le Parisien. Avec deux places pour une élite à 20 clubs, la L1 est le championnat le plus fermé d’Europe, et Vincent Duluc, éditorialiste à L’Equipe, ne voit forcément pourquoi cela s’arrêterait là. 

« Cette décision sans appel possible, sans contrôle réel, accentue le grave problème de gouvernance qui traverse le football professionnel ces derniers mois. Que des dirigeants majoritairement issus des clubs professionnels puissent décider impunément d'un sujet d'un intérêt aussi général, qui bafoue à la fois l'histoire et le principe du Championnat de France de football, pose problème. En s'offrant 33% de chances de plus de se maintenir en L 1, ils rappellent combien ils sont juges et parties. En démocratie, on rend des comptes à ses électeurs. À la LFP, les présidents sont leurs propres électeurs. Cette décision, évidemment, porte en elle une question simple : à présent que le principe pyramidal du sport est bafoué et que la LFP méprise ouvertement le football amateur en limitant son accès au professionnalisme, pourquoi s'arrêter à deux descentes ? Pourquoi ne pas sécuriser tous les investissements en fermant définitivement les portes ? C'est désormais un soupçon dont la Ligue aura du mal à se défaire. Ce ne sera pas le seul », écrit ainsi Vincent Duluc, qui grossit forcément le trait, mais constate que la LFP se plie un peu trop aux désirs des présidents des clubs. 

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